Diaries of the White Fathers in Buganda


DIAIRES DES PERES BLANCS – 1ère mission au Buganda (sélection de pages)


Première caravane des Pères Blancs de l’Afrique Centrale – 1878

1878 –

1880 – avril –  juilletnovembre

1881 – 

1882janvierjuillet – octobre

L’histoire des Martyrs de l’Ouganda ressemble à un excellent roman – ou mieux une tragédie classique. Tous les ingrédients y sont,  amour et jalousie, sexe, pouvoir, complots et conflits de loyauté, charnel et spirituel, César et Dieu.
La Religion – Catholique et dans une moindre mesure Protestante – s’en est emparée, en a fait une histoire pieuse et édifiante, caricaturant les situations, pour ne voir que la persécution de nouveau convertis par un despote païen.
La réalité est bien entendu beaucoup plus complexe. Comme sont complexes les personnages. Mwanga, par exemple, le Kabaka, est un personnage tragique déchiré entre des passions contradictoires, entre son rôle de souverain et ses affections, ses inclinations.

The history of the Martyrs of Uganda looks like a great novel – or rather a classical tragedy. All the ingredients are there, love and jealousy , sex, power, conspiracy and conflict of loyalties, flesh and spirituality, Caesar and God.UR19A2
Religion – Catholic and Protestant to a lesser extent – rewrote the whole episode, made a pious and edifying story, caricaturing situations , to see only a persecution again converted Christians by a pagan despot.
The reality is of course much more complex. As the characters are complex. Mwanga himself, for instance, the Kabaka is a tragic figure torn between conflicting passions, between his role as sovereign and his affections, his inclinations.

Il fallait donc aller chercher plus loin pour comprendre. En particulier comprendre ce qu’était la Cour du Kabaka, la réalité de ce pouvoir au Buganda. Les enjeux créés par l’arrivée quasi simultanée de trois groupes religieux, (les Musulmans, les Protestants et les Catholiques, par ordre d’entrée en scène) en concurrence furieuse et permanente pour gagner en influence, pour obtenir les grâces du Roi, mais aussi pour s’attacher des faveurs, des loyautés parmi les puissants, ou parmi les futurs puissants, les élites à venir.
On ne peut comprendre l’histoire des Martyrs si on s’en tient aux deux années qui ont précédé l’événement. Pourquoi la question de l’homosexualité est-elle soudain devenue centrale ? Pourquoi est-ce devenu un problème ? Pourquoi les Missionnaires – Catholiques en particulier – en ont-ils fait la pierre de touche de leur prédication ? Pourquoi ont-ils sommé leurs jeunes fidèles d’en faire la marque de leur foi, la condition sine qua non de leur conversion, la preuve de leur fidélité nouvelle ?

It was therefore necessary to seek further for a better understanding. And especially to understand what the Court of Kabaka was, the reality of power in Buganda. Issues created by the almost simultaneous arrival of three religious groups ( Muslims, Protestants and Catholics , in order of appearance ), in furious and permanent competition to gain influence, for the favours of the king, but also to attract and retain support and loyalties from the powerful, or from the future elites to come.
One cannot understand the history of Martyrs if we stick to the two years before the event. Why did the issue of homosexuality suddenly become central? Why did it become a problem? Why Missionaries – Catholics in particular – have they made the rejection of homosexual practices the touchstone of their preaching? Why did they summoned their young followers to make it the flag of their new faith, the sine qua non of their conversion, the proof of their new loyalty?

Il faut remonter pour y voir plus clair à la première période de la mission des Pères Blancs, 1878-1882, entre leur arrivée au Buganda, et leur départ précipité dans le désespoir de faire œuvre utile dans ce pays : les sodomites étaient partout autour d’eux, tous ceux qu’ils croyaient acquis étaient des vicieux pervers, tous les enfants qu’ils avaient racheté s’adonnaient au péché et au sexe entre hommes. Un véritable traumatisme.
Plusieurs années après, les Pères Blancs sont revenus au Buganda. Le Kabaka Mutesa était mort, son successeur, le jeune Mwanga, leur était très favorable. Ils l’avaient bien connu, ils pensaient l’avoir influencé. On pouvait repartir sur de nouvelles bases. Mais chat échaudé craint l’eau froide. La question des mœurs, de la sexualité – et notamment de l’homosexualité – qui avait été à l’origine de leur premier échec, serait au centre de leur nouvelle approche.

In order to see more clearly, we must go back to the first period of the mission of the White Fathers, 1878-1882, between their arrival in Buganda and their hasty departure in despair of doing any useful work in this country: the sodomites were everywhere around them; those they believed converted were adepts of that of vicious evil; all the children slaves they had bought and redeemed indulged in sin and were enthusiasts of sex between men. A real trauma.
Several years later, the White Fathers returned to Buganda. Kabaka Mutesa had died; and they thought that his successor, the young Mwanga, was very favourable to them. They had known him , they thought they had influenced him enough. They could start on a new basis. But scalded cat fears cold water. They put the question of morality, of sexuality – especially homosexuality – which had been the cause of their first failure, at the centre of their new approach.

Les Diaires, le journal tenu par les Missionnaires au jour le jour, attestent de tout cela. Chose que les ouvrages écrits plus tard cachent, ou dissimulent sous des allusions incompréhensibles. Ils sont conservés à Rome, dans la maison centrale des Pères Blancs. Les manuscrits originaux ont été recopiés à la machine, verbatim. Y compris avec les erreurs du copiste. Il y en a plusieurs volumes. Ils sont en accès public.

Les documents présentés ici sont des photocopies de ces verbatim, faites en 1983, pendant trois jours, lors d’un voyage à Rome. Tout loin de là n’a pas été photocopié. Seulement ce qui, au cours d’une lecture très rapide, m’a semblé susceptible d’éclairer ce qui allait advenir. Entre des passages photocopiés, j’ai noté quelques passages – des citations – ou relevé la teneur de certains.

Je souhaite ici faire partager largement ces documents. Ils sont d’une grande richesse, à bien des égards. Ils ne condamnent ni ne sanctifient personne. Ils montrent une réalité complexe, des gens très humains.

The diaries, carefully written daily by the Missionaries, attest to this. Something that the books and essays written later hide or conceal under non understandable innuendoes. They are kept in Rome in the central house of the White Fathers. The original manuscripts were copied and typed, verbatim. Including some the errors by the copyist, sometimes corrected by hand. There are several volumes. They are on public access.

The documents presented here are photocopies of the transcript, made in 1983, during a three day trip to Rome. Everything was not photocopied, by far. I tried to select, while reading quite quckly, what was likely to spread light on what would happen later, the martyrdom. Between photocopied pages, I copied some interesting quotes, or noted the content of some pages.

My aim is to share these documents widely. They are rich in many ways. They neither condemn nor sanctify anyone. They show a complex reality, and very human people.

Surtout, ils jettent une lumière intéressante sur un débat d’actualité. A une époque où il est décrété que l’homosexualité est étrangère à l’Afrique, une perversion occidentale, pour justifier qu’on l’y persécute, elle apporte des éléments intéressants qui, sans apporter de réponse définitive, montre que la réalité est moins simpliste, et que les Africains – on le savait déjà – sont des hommes comme les autres partout ailleurs. Humains. Trop humains ?

Above all, they throw an interesting light on a hot present debate. At a time when it is decreed that homosexuality, a Western perversion, is alien to Africa, in order to justify its persecution, the Diaries bring interesting information which, without providing definitive answers , shows that the reality is less simplistic, and that Africans – as we already knew, anyway – are like every other men elsewhere. Human. Too human? Δ







Mercredi 7 avril 1880

Wednesday, April 7th

(suite) faire maigre plus que le vendredi. Si ces petites privations pouvaient faire oublier à Dieu nos misères, et hâter l’heure du salut; nous serions très heureux de les supporter. (continued) to fast more than Fridays only. If, because of these small privations, God could forget our troubles and if it could hasten the hour of salvation; then we would be very happy to suffer.

Jeudi 8 avril 1880

Thursday, April 8th

Les femmes dans l’Ouganda ont seules le privilège de porter double lubugo (étoffe d’écorce d’arbre) ; le Roi s’étant aperçu que la mode de doubler le lubugo s’insinuait parmi les hommes, a donné ordre de lier et de jeter en prison tous ceux qu’on rencontrerait n’ayant pas un lubugo simple… On assure que grand nombre a été emprisonné aujourd’hui, pour crime de lèse-mode.On me rapporte la lettre que j’avais écrite au Père Girault pour lui dire de s’établir au sud du Victoria. Le Nègre à qui je l’avais confiée est arrivé trop tard ; les Pères étaient partis. Only women in Uganda have the privilege of wearing double lubugo (bark cloth); the King perceiving that this fashion of double lubugo crept among men, gave the order to bind and imprison all those that did not wear a single lubugo…People say that a large number was jailed today for lèse-fashion.I was given back the letter I had written to Father Girault to tell him to settle on the southern shores of Victoria. The Negro to whom I had entrusted it arrived too late; the Fathers were gone.

Vendredi 9 avril 1880

Friday, April 9th

Un catéchumène me répète ce que j’ai entendu bien des fois déjà, que les Baganda étaient polis, simples avant l’arrivée des Arabes. Ces Musulmans les ont excités à leurs vices infâmes ; ils ont enseigné que ces actes abominables étaient des jeux innocents, apanage des peuples civilisés. Il ajoute que les partisans du Coran disent toute sorte de mal de nous, et ne négligent rien pour empêcher les Noirs de venir se faire instruire.Il serait désireux que les Missionnaires Catholiques s’établissent dans les contrées qui n’ont pas encore été souillées par les pas des fils de l’exécrable Mahomet. Malheureusement, on a beaucoup de peine à pénétrer dans ces régions ; et si on s’y fixait, on aurait à craindre que de loin, les commerçants arabes ne soulevassent contre nous les populations. A catechumen repeats what I have heard many times before, the Baganda were polite, simple before the arrival of Arabs. These Muslims have excited their infamous vices; they taught that these odious acts were innocent games and a prerogative of civilized peoples. He added that supporters of the Quran say all kinds of evil against us, and neglect nothing to prevent Blacks to come and be educated.It would be desirable that the Catholic missionaries settled in the countries which have not yet been polluted by the footsteps of the sons of the atrocious Muhammad. Unfortunately, it is very difficult to penetrate these regions; and if we settled there, we would have to worry that from afar, Arab traders would antagonise the people against us. 


Samedi 10 avril 1880

Saturday, April 10th

 A force de peiner, nous finissons par nous procurer quelques mauvaises chèvres. Nous les payons bien plus cher que dans les mois précédents.Visite d’un commerçant arabe nommé Elfan ; il nous a fait cadeau d’une chèvre, il y a trois jours. Pour répondre à ce cadeau, nous lui offrons une petite cafetière chinoise, quelques mètres de cordonnet rouge, et 8 boutons d’officiers. Il paraît très content, satisfait.Un autre Arabe, Ben-Tsare, vient nous demander un remède pour son petit enfant qui a la fièvre. Il nous dit que le Roi fera bientôt inaugurer la nouvelle maison qu’il vient de faire construire, en guise de monument funèbre sur la tombe de son père Suna. On immolera pour cette occasion 99 hommes, 99 bœufs, 99 moutons, 99 chèvres, 99 poules. On offrira 99 œufs, 99 régimes de bananes.Cette affreuse cérémonie se renouvelle chaque fois que l’on reconstruit la maison du roi défunt ; ce qui doit arriver souvent, car une maison construite en roseaux ne dure pas de longues années… Qu’on écrive après cela, dans des ouvrages qui arrachent des larmes de tendresse aux ladys anglaises, que Mutesa est déjà civilisé… qu’il est le plus doux des monarques …Nos trois néophytes viennent se confesser.  By dint of toil, we end up getting some bad goats. We pay much more than in the previous month.Visit of an Arab trader named Elfan; three days ago, he gave us a  goat as a present,. In return, we offer him a small Chinese coffee pot, a few meters of red drawstring and 8 officer buttons . He seems very happy, satisfied. Another Arab, Ben-Tsare, comes and asks  for a medicine for his little child who has fever. He tells us that the King will soon usher in the new home he has built, as a funeral monument on the grave of his father Suna. For this occasion, they will sacrifice 99 men, 99 cattle, 99 sheep, 99 goats, 99 hens. 99 eggs will be offered, and 99 bunches of bananas. 
This terrible event is renewed each time the house of a deceased king is rebuilt; what must happen often, as a house built with reeds do not last long  … After that, let people write, in books that make English ladies shed tears of tenderness, that Mutesa is already civilized … that he is the sweetest monarch … 
Our three neophytes come to confess.

Dimanche 11 avril 1880

Sunday, April 11th

Communion de nos trois néophytes. Ces pauvres gens paraissent avoir bonne volonté.Le P. Lourdel se rend à Mbuga. Il demande au Roi un signe qui fasse reconnaître nos commissionnaires, et les mette à l’abri des vols que les fils de Sa Majesté ont droit de se permettre à l’égard des Bagandas. Le Roi lui promet ce signe. Il lui fait cadeau d’un bœuf. On annonce à la Cour la mort du roi de Karagwe. On croit qu’il a été empoisonné par une de ses femmes. Mutesa demande aux Arabes des renseignements sur les fils de ce roi, pour choisir un successeur qui lui soit favorable.  Car le roi de l’Ouganda regarde le Karagwe comme une partie de son royaume. Our three neophytes take Communion. Poor people, they seem to have good will.Father Lourdel went to Mbuga. He asked the King to decide on a distinguishing feature for our delivery guys to keep them safe from theft as His Majesty’s sons have the right to rob the Baganda. The King promised. He gave an ox as a present. The Court received the news of the death of King ofKaragwe. It is believed that he was poisoned by one of his wives. Mutesa asked Arabs information about the sons of the king, to choose a successor who could be favourable to him. In fact, the king of Uganda considers Karagwe as a part of his kingdom.

Lundi 12 avril 1880

Monday, April 12th

On dit que la lune qui vient de commencer est la lune des grandes pluies.  Si cela est vrai, les grandes pluies dans l’Ouganda correspondraient avec la massika de la côte de Zanzibar.L’arrestation et l’incarcération des Noirs, revêtus d’un double lubugo (…) People say that the new moon is the moon of heavy rains. If this is true, the heavy rains in Uganda correspond with Massika on the coast of Zanzibar.The arrest and incarceration of Blacks wearing double lubugo (…)

From page 105 

Mardi 22 avril 1880

Tuesday, April 22nd

(suite) -te magique, son effet. Un individu est-il accusé de vol ou d’un autre délit, si on manque de témoins, l’accusateur et l’accusé on droit d’avoir recours à l’épreuve du Madudu. On prend les fruits de cette plante, on en exprime le jus dans du vin de bananes (mwenge) ; [les deux] ou bien deux de leurs esclaves boivent chacun la moitié de la liqueur. Si les deux patients sont endormis par le narcotique, personne n’a tort … et si ce sont deux esclaves, le maître de l’un doit donner un bœuf à l’esclave de l’autre pour le dédommager des souffrances que lui a causées le Madudu. Si aucun des deux patients n’est endormi, l’accusateur et l’accusé ont tous les deux raison, et ils n’ont qu’à donner chacun un bœuf au Roi, à titre d’amende. Si l’accusateur ou celui qui tient sa place est seul endormi, il est censé avoir accusé à tort, et il donne un bœuf à l’accusé à titre de réparation d’honneur. Si l’accusé ou celui qui a bu en son nom le Madudu est seul endormi, l’accusateur a droit d’aller piller sa maison, de lui enlever sa femme … esclaves … etc … etc … et même de le tuer. Il n’est pas rare que le Madudu n’endorme les malheureux qui l’ont bu, d’un sommeil dont ils ne se réveillent plus … plusieurs fois dit-on ; le ventre se gonfle, s’ouvre et les entrailles se répandent. La maladie causée par cette plante vénéneuse dure jusqu’à dix jours. Les Bagandas ont la plus grande confiance en ce procédé si sauvage et si immoral. (continued) magical, its effect. When a person is charged with theft or another crime , if there is a lack of witnesses, the accuser and the accused are entitled to resort to the test of Madudu . The fruits of this plant are squeezed, the juice poured in banana wine (Mwenge) ; [both of thrm] or alternatively, two slaves, one for of each party, drink half of the liquor. If both patients are put to sleep by the narcotic , nobody is wrong … and if they are slaves, the master of one must give an ox to the slave of the other one to compensate the sufferings caused to him by the Madudu. If both patients sleep, the accuser and the accused are both right, and both of them simply give an ox to the King, as a penalty. If the accuser only, or whoever in his place, falls asleep, he is supposed to have falsely accused, so he gives an ox to the accused to compensate the disgrace. If the accused only, or whoever in his place drunk the Madudu, sleeps, the accuser has a right to plunder his house, to take his wife … slaves … etc … etc … and even kill him. It is not uncommon for the Madudu to plunge the unfortunate guy who drank it into a sleep they never wake up again … on several occasions, so people say, the belly swell , it opened and the bowels spread. The disease caused by this poisonous plant lasts up to ten days. The Baganda have the utmost confidence in such a wild and immoral procedure.

Vendredi 23 avril 1880

Friday, April 23rd

Le P. Lourdel va saluer le Roi. Il lui fait cadeau de 12 fusées qui nous restaient, et il lui dit que les esclaves d’un de ses enfants ont détruit une partie de notre palissade. Le Roi condamne son fils à nous refaire la palissade endommagée, et un homme est désigné pour aller lui intimer l’ordre. On ne peut avoir ici de plus tristes voisins que les enfants de Sa Majesté, car ils ont le privilège de voler les Bagandas. Et de temps en temps ils mettent en pratique le principe « favor sunt ampliandi » ; et volent les étrangers … Le Prince notre voisin, a déjà volé secrètement plusieurs de nos chèvres. Il faut payer l’honneur de loger près d’un prince de sang royal.L’homme chargé d’exécuter le jugement royal vient nous dire que notre palissade sera faite … qu’il s’en charge et qu’il suffira de lui donner à lui deux dotis pour ses peines. Ainsi, celui qui a détruit la palissade sera puni … mais nous le serons aussi. Ce seront les agents du Roi qui profiteront. Le bon La Fontaine n’écrivait pas seulement pour la France quand il racontait l’histoire de l’huître et des deux voyageurs.Mutesa nous envoie une petite glace, nous priant de changer la planchette qui est derrière le cadre. Il nous envoie en même temps une de ces planches dont on se sert ici pour écrire l’arabe. Nous n’osons lui refuser ce service quoi que ce soit pour nous une perte de temps. P. Lourdel goes to greet the King. He presented him with 12 rockets we were left with, and he told him that the slaves of his children destroyed part of our fence. King condemns his son to repair the damaged fence for us, and a man is appointed to go and deliver the order to him. You cannot here have worst neighbors that children of Her Majesty, because they have the privilege of robbing the Baganda . And occasionally they practice the  » favor sunt ampliandi  » principle ; and rob foreigners as well … The Prince our neighbor, has secretly stolen many of our goats. One must pay the honor to stay near a prince of royal blood.The man responsible for carrying out the royal judgment tells us that our fence will be made … he make it his personal affair, and it will suffice to give him two dotis for his services. Thus, the one who destroyed the fence will be punished … but we will be too. The agents of the King will be the beneficiaries. Good La Fontaine wrote not only for France when he narrated the story of the oyster and the two travelers.Mutesa sent us a small miror, requesting us to change the board behind the frame. He sends us the same time one of these boards which are used here to write Arabic. We dare not refuse this service though for us it is a waste of time .

Samedi 24 avril 1880

Saturday, April 24th

Visite du Mukwenda [chef du Singo]. Il a soin de venir nous voir souvent depuis qu’il nous fait construire une grande cabane destinée à abriter nos enfants. Probablement, il craint que le travail fini, nous ne soyons assez généreux. Nous lui faisons un petit cadeau de plomb, de cordonnet, de capsules, d’un mouchoir de Lessou. Il a l’air satisfait. Il rencontre chez nous un de ses amis [Fuwuke] qui se fait en ce moment instruire de la religion. Il lui demande s’il vient lire chez nous. L’autre répond qu’il vient pour se faire soigner un doigt. Il dit la vérité, mais pas toute entière. Quand le visiteur s’est retiré, nous lui demandons pourquoi il n’a pas avoué qu’il apprenait notre religion. Il nous dit que si le Roi venait à savoir que tel ou tel se fait instruire, il le ferait tuer secrètement … Nous n’avons pas trop de peine de le croire, car nous ne connaissons que trop tout ce qu’il y a de fourberie et de cruauté dans ce pauvre Roi qui paraît, au premier abord, si désireux de s’instruire et voir ses sujets s’instruire aussi. Plusieurs fois, nous avons eu la pensée de lui demander de permettre publiquement (…) Visit by the Mukwenda [ chief of Singo ] . He carefully visits us quite often since he builds for us a large shed to house our children. Probably, he fears that, when the work is finished, we may not be generous enough. We give him a small gift of lead, capsules, a Lessou handkerchief. He seems satisfied. He met at our place one of his friends [Fuwuke] to whom we currently teach religion. He asks him if he comes here to read. The other one replied that he comes to get treatment for a finger. He speaks the truth, but not the whole of it. When the visitor is gone, we ask him why he did not confess that he learns our religion. He answers that if the King were to know that so and so is educated, he would secretly kill them … Not too difficult to believe, as we know only too much the treachery and cruelty of this poor King. At first sight, he seems so eager to learn and see his subjects to learn too. Several times, we contemplated asking him to publicly allow (…)


Novembre 1880


Jeudi 4 novembre 1880

 Thursday, November 4th
 (suite), -tation de Mukesa, gardien de la mosquée. Il a refusé de faire l’exercice. Comme il allait se faire instruire chez les Anglais, on exploite contre les Blancs sa désobéissance.  (cont.) … the custodian of the Mosque. He refused to do the exercise. As he attends the teaching of the British, the Whites are taken responsible for his disobedience

Vendredi 5 novembre 1880

Friday, November 5th

P. Lourdel toujours malade  F. Lourdel is still sick.

Samedi 6 novembre 1880

 Saturday, November 6th

Le P. Lourdel va mieux. Depuis trois jours. nous sommes assourdis par le vacarme des tambours et pianos en bois, que le roi a envoyés chez Sabaganzi revenu dernièrement de visiter la sorcière MukasaLes catéchumènes qui savent la lettre du catéchisme, ne venant pas les jours ordinaires, le nombre des Nègres présents au catéchisme, ne dépasse guère douze.  F Lourdel feels better. For the last three days. we were deafened by the din of drums and xylophones, that the King sent to Sabaganzi’s, who recently returned to visit the witch Mukasa
As the catechumens who know the letter of the catechism, do not come on ordinary days, the number of Negroes who attend the catechism, hardly exceeds twelve.

Lundi 8 novembre 1880

 Monday, November 8th

Je vais saluer Mutesa ; audience ennuyeuse; lecture du Coran; le roi dit qu’il sait tout; qu’il n’a plus besoin qu’on vienne l’instruire. Peut-être veut-il me faire entendre que nous lui ferions plaisir de décamper, mes confrères et moi. Tandis qu’on lit le Coran, j’affecte d’avoir l’air occupé à d’autre chose. On le remarque ; on fait à ce sujet quelques réflexions dont je ne puis saisir le sens. Le roi demande entr’ autres choses burlesques : «  et les âmes des hommes qui ont de la barbe, auront de la barbe ? »  I go to pay respect to Mutesa. Boring. Reading of the Koran. The King says that he knows everything; he does not need anyone to instruct him. Maybe he wants me to understand that he would pleased if we, my colleagues and me, decide to decamp. While reading the Koran, I pretend to look busy with something else. Some people notice it, and utter remarks which I can not grasp the meaning of. Among other burlesque things, the King asks: « how about the souls of men who have beards, will they be bearded too?»
Mardi 9 novembre 1880

 Tuesday November 9th

Visite de M. Pearson. Il nous dit que vendredi dernier, s’étant rendu à Mbuga, il a quitté la salle devenue le théatre de la scène la plus infâme. Le roi fit déshabiller les Grands, puis le premier ministre mesura les verenda [pénis] de chacun pour savoir qui l’emportait. M. Pearson proteste, se détourne, on se moque de lui. Le roi donna ensuite ordre aux grands de manœuvrer usque ad effusionem seminis  [jusqu’à éjaculation]… M. Pearson n’y tint plus; il se leva disant qu’il ne pouvait rester dans une maison où se passent des choses si abominables, qu’il tremblait de voir Dieu la foudroyer. La scène -et passait au milieu des éclats de rire de Sa Majesté et des Grands. Il faut venir dans la terre maudite habitée par les enfants de Cham pour être témoins de (…)  Visited by Mr. Pearson. He told us that last Fridaywhile at the Mbuga, he left the place in protest as it had become the stage of the most infamous scene. The King told the Greats to undress, then the Prime Minister measured everyone’s penis to know who would win the contest. Mr. Pearson protested, looked away, he was laughed at. The King then ordered the Great to  maneuver usque ad effusionem seminis [till ejaculation] … Mr. Pearson could not stand it anymore; he got up saying he could not stay in a house where so abominable things happen that he trembled to see God blast it. The whole scene was taking place amongst the laughter of His Majesty and Great. You must come in the cursed land inhabited by children Charn to witness such (…)



Janvier 1882

4 janvier 1882 : Séance consacrée à une danse par les dames de la Cour. O’Flaherty amuse les Grands par l’intérêt qu’il semble y prendre.11 janvier 1882 : O’Flaherty se moque d’un Grand qui chante, et chante lui-même. Cela amuse le Roi qui lui donne un bœuf.


Lundi 16 janvier 1882


 (suite) : … l’autre jour pour son chant. Aujourd’hui, il exécute un chant anglais, mais il n’est pas goûté comme l’autre jour.


Mardi 17 janvier 1882


Je monte a Mbuga.Le jeune catéchumène qu’on avait frotté d’huile de créton il y a quelque temps pour l’arracher à la malheureuse situation dans laquelle il ne trouvait par suite de l’infâme passion du Roi pour lui, s’est de nouveau trouvé il y a quelques jours dans le même danger. Mutesa le voyant guéri,1’a de nouveau appelé mais le pauvre enfant sortit vainqueur de cette dangeurouse occasion ; pendant que le roi lui faisait ses infâmes propositlons, lui répétait avec ferveur: Gloria patri, etc… Il refusa et par un hasard tout-à-fait extraordinaire, le Roi le laissa tranquille.D’après un bruit ignoré même du roi et des Grands à part Kangawo, les Turcs seraient absolument maitres du Bukedi et sur le point de s’emparer de Mruli.Kangawo seul qui a son territoire de ce côté connaît la nouvelle ; c’est un catéchumène qui se trouvait chez-lui hier qui nous l’a communiquée.Il y a quelques jours Kabarega avait envoyé dire à Mutesa que les Bakedi avaient battu les Turcs ; mais c’était une blague, paraît-il, pour engager Mutesa à se joindre à lui.


Mercredi 18 janvier 1882 


La nouvelle maison avance peu à peu.Le P. Lourdel monte chez le Roi ; composition en costume.


Jeudi 19 janvier 1882


Le Roi envoie demander une paire de ciseaux ; on lui en envoie une.Le P. .., monte à Mbuga ; le roi fait chanter un de ses camarades d’enfance.Visite de Kaggo.


Vendredi 20 janvier 1882


Hier soir, un catéchumène qui demeure loin d’ici est venu nous voir pendant la visite. Après le souper, nous lui demandâmes comment il n’avait pas peur de venir la nuit. Peur ! mais c’est mon devoir de venir vous voir ; ne pouvant venir pendant le jour, je viens pendant la nuit. Pourquoi aurais-je peur? Un autre à qui on faisait la même question pour la même raison avait répondu que quand on va voir ses (…)


PAGE 309 – Janvier 1882


Lundi 23 janvier 1882


 (…) enfants eux-mêmes n’y sont pas étrangers. On nous affirme qu’il y a de tout petits enfants qui demandent à leurs parents ce qu’il y a là-haut en montrant le ciel. D’autres voyant un mort demandent où il est allé.


Mardi 24 : janvier 1882


Un peu de pluie cette nuit.Le P. Lourdel monte à Mbuga, mais ne voit pas le Roi. Dans l’après-midi, orage et pluie.


Mercredi 25 janvier 1882


 Le P. Livinhac monte à Mbuga. Il voit Sa Majesté qui reçoit les Bakoli (tribu de l’Usoga) qui lui apportent l’omasanga. Le mulangira Mwanga envoie nous saluer. Le Gabunga empiète sur le nsiko que le Roi nous a donné et qui se trouve au bout de notre bananeraie. Le P. Lourdel va le trouver et s’arrange à l’amiable. Il n’a pas voulu empiéter. Le Père a trouvé Mwanga chez Gabunga et lui a donné un doti de bafuta. Il demande du merikani au Père. Celui-ci le prie d’attendre à plus tard. De tous les Balangira, c’est le plus aimé de son père, beaucoup s’accordent à dire que c’est lui qui succédera à son père. Aussi nous appliquons-nous à le bien traiter. De son côté, il nous témoigne de l’amitié et de la confiance.


Jeudi 26 janvier 1882


Temps sombre une partie de la matinée. Le Roi qui avait paru laisser Mutagwanya pendant querlques jours, est revenu à la charge avant-hier. Il a voulu le forcer à aller se coucher avec une Mbeja. Mutagwanya a généreusement refusé. Le Roi ne sait ce que cela veut dire. Il pourrait bien se faire qu’il le fasse tuer. Il est venu ce matin nous prévenir de tout cela et nous dire qu’il pourrait bien se faire qu’on le le vît plus. Ce pauvre enfant paraît bien décidé à plutôt mourir que de consentir aux infâmes ordres du Roi.J’ai mal à l’oreille gauche.


Vendredi 27 janvier 1882


Le P. Lourdel monte à Mbuga où il rencontre Mr Flaherty. Il voit le Roi, rien de particulier. Mr Flaherty vient nous voir. Il nous dit que Stanley après son voyage s’est fait catholique. Il nous dit que depuis longtemps ils ont l’ordre d’abandonner la mission ici … ??Le PP. Lourdel va avec les enfants chercher des planches. Il rentre très fatigué



 Juillet 1882


Vendredi 14 juillet 1882

Friday, July 14th

Lwekura envoie la vache promise hier. Le commissionnaire va porter à Messieurs les Anglais leur huile de sésame (de 12 à 15 litres). Lwekura sends the cow that he promised yesterday. Our delivery man is sent to the English gentlemen with their simsim oil (between 12 and 15 litres).

Samedi 15 juillet 1882

Saturday, July 15th

Le P. Lesvesque reprend le « kukiko » et a l’honneur de voir Sa Majesté. Dans la soirée, le P.Lourdel va demander des chèvres au Roi et lui porte des perles. Le Roi n’ayant pas de chèvres, lui fait donner 10 000 simbis. Father Lesvesque takes his turn to « kukiko ». and has the honor to see Her Majesty. In the evening, F.Lourdel goes and ask the King for goats. He gives him a few beads. The King does not have any goat, so he gives him 10,000 Simbis.

Lundi 17 juillet 1882

Monday, July 17th

Le Roi fait commencer les travaux de la maison en terre. Le P.Lourdel passe une partie de la journée à les diriger. A la séance, le Roi lui témoigne plus d’attention que d’habitude. The King orders that the works on the mud house should begin. F.Lourdel spent part of the day to supervise them. At the meeting, the King pays more attention to him than usual.

Mardi 18 juillet 1882

Tuesday, July 18th

Le P.Lourdel retourne diriger les travaux. Father lourdel goes back to supervise the construction works.

Mercredi 19 juillet 1882

Wednesday, July 19th

De more. On commence les travaux projetés à la suite de la cuisine. De more. We start building the extension to the kitchen.

Samedi 22 juillet 1882

Saturday, July 22nd

Le P.Lourdel va au Mbuga pour la maison et le P.Levesque va voir Sa Majesté. Rien d’extraordinaire. Father Lourdel goes to the Mbuga for the house, and Father Levesque to see Her Majesty. Nothing special.

Mardi 25 juillet 1882

Tuesday, July 25th

Hier soir, comme nous allions nous coucher, on tira sur un voleur qui mourut un quart d’heure après. Les enfants le transportèrent dans la maison du nsiko. Un de nos néophytes vient nous prévenir qu’hier des sorciers dont le système consiste à lire l’avenir dans les entrailles des animaux ont déclaré que contrairement à ce qui avait été dit jusqu’ici, les Blancs n’avaient pas l’intention de manger immédiatement le Buganda, qu’ils n’étaient pas encore assez forts, qu’ils ne pouvaient lutter avec lui. Mais que maintenant en instruisant et s’attachant un certain nombre de petits, ils se préparaient à le manger à sa mort. Qu’alors ils tueraient les chefs et s’empareraient du pouvoir. Sa Majesté a répondu qu’elle pensait cela depuis longtemps, que c’était aussi pour cela que nous faisions des maisons solides faisant surtout allusion à celle des Anglais. Nous ne savons ce qui adviendra de tout cela. Ce qui est certain, c’est que la position ici semble se tendre de plus en plus précaire. Le démon n’est pas inactif, et aujourd’hui il est ce qu’il a été dans tous les siècles. Sa tactique n’a pas varié. A la garde de Dieu ! Cependant, c’est un motif pour nous de redoubler de bonne volonté et d’efforts. Pour mettre le Bon Dieu de notre côté, nous commencerons demain une neuvaine à la Ste Vierge. Intentions : Triompher des obstacles que nous a crée le démon. Pratiques : 1° Nos messes durant neuf jours. 2° Litanies de la Très te Vierge. 3° Nous renouveler dans la ferveur pour mettre le Bon Dieu de notre côté. « Petite et accipietis. »Le P.Lourdel va à Mbuga pour la maison. Il prévient le Kurugi de ce qui est arrivé hier soir. Le Kurugi et tous sont contents. De mon côté, je me rends au Mbuga pour voir Sa Majesté. Après avoir attendu assez longtemps, je reviens sans l’avoir vue. Quelques temps après, le Roi fait appeler les deux ministres en particulier. Il s’agit probablement de la déclaration des sorciers. Encore une fois, à la garde de Dieu.Visite de Gabunga. L’homme tué hier est son esclave. Last night as we were going to bed , we shot a thief who died after 15 minutes. The children carried him into the house of nsiko .One of our neophytes just let us know yesterday that some wizards, who use to read the future in the entrails of animals, stated that contrary to what had been said, the Whites have no intention of eat Buganda immediately because they are not strong enough. They cannot compete. But by educating a number of youth so as those ones get attached to them, they are preparing to eat Buganda when he dies. Then they would kill the leaders and take power. Her Majesty replied that he has been thinking about it for long, and that is was also the reason why we are making solid houses, thus especially alluding to the English. We do not know whatall this will lead to. What is certain is that our situation here seems to get more and more precarious. The devil is not idle, and is now what it has been in all ages. His tactic has not changed. God guard us! However, this is a reason for us to redouble our efforts and goodwill. To put God on our side, we will begin tomorrow a novena to the Blessed Virgin. Intentions: Overcoming the obstacles created by the devil. Practices: 1 Our Masses during nine days. 2 Litany of the Most Holy Virgin. 3 To renew our fervor to put God on our side.  » Petite and accipietis . « F.Lourdel goes to Mbuga for the house. He informs the Kurugi of what happened last night. The Kurugi and everybody are happy. As for me, I go to Mbuga to see Her Majesty. After waiting long enough, I come back without seeing him. Some time after, the King summoned the two ministers for a special meeting. Probably about the wizards’report. Again, in the care of God.Visit by Gabunga. The man killed yesterday was his slave.

Jeudi 27 juillet 1882

Thursday, July 27th

Le P.Lourdel va comme d’habitude diriger les travaux. Il voit le Roi, il sort de la séance. Sa Majesté parle de son thème favori. As usual F.Lourdel goes to supervise the works. He sees the King, he walks out of the meeting. Her Majesty speaks of his favorite topic.

Vendredi 28 juillet 1882

Friday, July 28th

Le P.Livinhac se rend à la Cour, mais ne voit pas Sa Majesté. L’Arabe arrivé à Entebbe n’amène pas la caravane des Anglais. C’est un commerçant qui vient pour ses propres affaires. On dit qu’il a une très grande caravane, qu’il surpasse Soliman et Kambi Mbaya. Il vient sur le boutre de Ben Sif. Dans ce boutre sont, dit-on, les biuma des Anglais.Le Msibe venu hier soir nous dit que les sorciers baganda se plaignent de nous. Ils prétendent qu’à cause de nous, le lubali se tait et ne s’empare de personne depuis la mort de la Namasole. Plaise à Dieu que ce soit vrai. Et si nous pouvions arriver à chasser complètement du Buganda cet infernal père du mensonge.M. Flaherty en revenant du Mbuga vient nous voir. Il emprunte 10 000 simbis pour faire de la chaux. Il a été au Mbuga demander du mbugo pour tapisser leur nouvelle maison au Mbuga. On lui promet le rouge ( ?) sans le lui donner. Deux fois on le fait bwerere. Lui et Mackay désirent beaucoup lancer enfin un petit bateau à vapeur sur le lac. Nous l’encourageons.Le Roi et ses nobles sont contents de savoir qu’un Arabe arrive avec une grande caravane. Ces Arabes, dit le Roi, au moins servent à quelque chose, ils font le commerce, ils nous apportent ce dont nous avons besoin. Ce sont les enfants de la maison. Mais ces Blancs, à quoi servent-ils ?L’Arabe annoncé arrive à un bon moment et sera probablement bien reçu. En ce moment-ci, il n’y a pas un seul commerçant. Ceux qui veulent de l’étoffe ne savent pas où en acheter. F.Livinhac went to the Court, but did not see Her Majesty. The Arab arrived at Entebbe does not lead the caravan of the English. He is a trader who comes for his own affairs. People say that he has a very large caravan that surpasses Soliman’s and Kambi Mbaya’s. He came on Ben Sif’s dhow. The biuma of the English are said to be in this dhow.The Msibe came last night and told us that the Baganda wizards complain about us. They claim that because of us, the lubali is silent and possesses nobody since the death of the Namasole. God grant that this is true. And if we could get   Buganda completely rid of this infernal father of lies .Mr. Flaherty returning from Mbuga comes to see us. He borrows 10,000 Simbis to produce lime. He went to the Mbuga to request some mbugo to line their new home at Mbuga. He was promised the red (?) but was not given. Twice he is made to bwerere. Himself and Mackay very much wish to launch a small steamboat on the lake, after so long. We encourage it.The King and his nobles were pleased to know that an Arab comes with a large caravan. These Arabs, the King said, at least are useful for something, they trade, they bring us what we need. They are the children of the house . But the Whites, of which use are they?The preannounced Arab comes at a good time and will probably be well received. These days, there is not a single trader. Those who want some stuff do not know where to buy any.

Samedi 29 juillet 1882

Saturday, July 29th

M. Flaherty nous envoie une pièce de satini pour les 10 000 simbis d’hier.Le Ministre ayant demandé hier des perles, le P.Lesvesque en se rendant au Mbuga lui en porte quelques foundos pour les échanger contre des chèvres. Mais le Ministre est avec ses femmes quand le Père se présente. Il n’est pas reçu. Il n’est pas plus heureux chez le Roi : lui aussi est avec ses bakiola. Dans l’après midi, le Ministre envoie chercher les perles.Les trois femmes du kialo se sont sauvées depuis quelques jours, nous ne savons où elles sont passées. Mr. Flaherty sends us a piece of Satini in return of the 10,000 Simbis of yesterday.The Minister having asked for beads yesterday, F.Lesvesque on his way to Mbuga brings him a few foundos to be exchanged against goats. But the Minister is with his wives when he comes. He is not received. He is no happier with the King: the latter is also with his bakiola. In the afternoon, the Minister sends for the beads.The three women of the kialo fled a few days ago, we do not know where they have gone.

Dimanche 30 juillet 1882

Sunday, July 30th

Depuis longtemps nous soupçonnions nos orphelins d’être corrompus. Mais hélas ! nous étions loin de nous figurer qu’ils l’étaient comme ils le sont. Nous en avons pris un [Cyprien] en flagrant délit et publiquement nous avons eu par lui des détails à faire frémir. Ce pauvre enfant en est venu à un tel point que nous ne croyons pas qu’il puisse se corriger quand même il en aurait le désir. Comme d’un autre côté il est cause de la corruption des autres, nous décidons au Conseil de le chasser. Nous le donnons à un de nos néophytes, Damulira. Celui-ci l’amène à son kialo. Cyprien en partant ne paraît nullement impressionné. Pauvre enfant. Pour moi, chargé de l’exécution, je ne pensais pas éprouver une si pénible impression. Vierge immaculée, priez pour nous et pour notre chère mission. For a long time we suspected our orphans to be corrupt. But alas! we could not imagine by far to which point. We took one  [Cyprien] in flagrante delicto and publicly we gave us thrilling details. This poor child has reached such a point that we do not believe he can behave rightly again, even if he would desire to. As, on the other hand, he is causing the corruption of the other ones, as a Council we decide to chase him. We give him to one of our neophytes, Damulira, who takes him to his kialo. When departing, Cyprien seems unimpressed. Poor child. Being in charge of enforcing the decision, I did not think I would experience such a painful feeling. Immaculate Virgin, pray for us and for our dear mission.

Lundi 31 juillet 1882

Monday, July 31st

Guillaume se sauve pendant la récréation de midi. Un de nos catéchumènes le reconnaît et nous le ramène. Comme il est déjà grand et en réunit aucune des conditions requises, nous le renvoyons chez son ancien maître. Celui-ci étant dans le Busoga, nous confions Guillaume à un de nos néophytes en attendant que le Mooza revienne.P.Livinhac va au Mbuga et revient sans avoir vu Sa Majesté. Le P.Lourdel qui dirige les travaux de la nouvelle maison se trouvant là quand le Roi parait, a l’honneur de le voir. Mutesa vante l’intelligence des Blancs. William escapes during the midday break. One of our catechumens recognizes him and brings him back to us. As he is old enough and does not meet any of the conditions, we return him to his former master. The latter being in Busoga, we entrust Guillaume to one of our neophytes until the Mooza is back.F.Livinhac goes to Mbuga and returns without seeing Her Majesty. F.Lourdel who directs the work of the new house was present there when the King appeared and had the honor to see him. Mutesa praised the intelligence of the Whites.

Mardi 1er août 1882

Tuesday, August 1st

Je monte au Mbuga. J’y trouve M.Flaherty qui, flegmatiquement couché dans le lit du kurugi, attend que Sa Majesté daigne paraître. Il apporte une pièce de bafta pour acheter des mbugo. Le Roi est avec ses bakiala et ne semble pas devoir se montrer. Cependant, sachant que M.Flaherty apporte une pièce de bafta, il le fait appeler et nous avec lui. Il ne reçoit que nous trois. Courte séance pendant laquelle Monsieur Flaherty fait des compliments au Roi. Celui-ci fait l’aimable. Il ordonne au Kurugi de donner 100 mbugo au vieux, non à cause de son bafta, mais parce qu’il est mugenyi [un invité]. I go to Mbuga. I find M.Flaherty coolly lying in the bed of the kurugi, awaiting that His Majesty deigns appear. He brings a piece of bafta to buy mbugo. The King is with his bakiala and it seems he would not show. However, knowing that M.Flaherty brings a piece of bafta, he does call him and we also. He sees only the three of us. Short audience during which Mr. Flaherty complimented the King, who plays kindness. He orders the Kurugi to give 100 mbugo to the old man, not because of his bafta, but because he is Mugenyi [a guest].

Mercredi 2 août 1882

Wednesday, August 2nd

Le P.Livinhac se rend à la Cour et a l’honneur de voir Sa Majesté. F.Livinhac goes to Mbuga and has the honour to see Her Majesty.

Jeudi 3 août 1882

Thursday, August 3rd

L’Arabe annoncé depuis plusieurs jours est arrivé aujourd’hui, mais il ne s’est pas encore présenté à la Cour. On dit que c’est un homme de Saina. Un des hommes arrivés par le boutre de Ben Sif a dit hier au P.Livinhac que les courriers anglais étaient chez Kaitawa, attendant une occasion pour venir jusqu’ici. The Arab preannounced several days ago arrived today, but he has not yet shown up at the Court. It is said that he is a man of Saina. One of the men arrived with Ben Sif’s dhow told yesterday to F.Livinhac that the letters for the English were in Kaitawa, waiting for an opportunity to reach here.

















 Octobre 1882


Dimanche 15 octobre 1882

Sunday, October 15th

(Suite) Quoi qu’il en soit, la plupart ont tenu à nos orphelins des discours qui nous mettaient dans l’impossibilité complète de leur faire du bien, et nous regardons comme un effet particulier de la Providence que tous nos rachetés ne se soient pas sauvé. Plus nous réfléchissons à tout ce qui vient de se passer depuis dix-huit mois, plus nous remarquons que le Bon Dieu nous a fait une très grande grâce de nous découvrir que l’action du diable en tout cela est pour ainsi dire palpable. Si le Divin Maître juge à propos de nous demander le sacrifice de notre vie, que son saint nom soit béni Anyway, most (of our neophytes and catechumens)  held to our orphans speeches that put us in complete inability to do them any good, and we consider it a special effect of Providence that all our redeemed did not escape. The more we reflect on all that has happened since eighteen months, the more we notice that God gave us a great grace by helping us to discover that the action of the devil in all this is almost palpable. If the Divine Master sees fit to ask for the sacrifice of our lives, then His holy name be blessed.

Lundi 16 octobre 1882

Monday, October 16th

A 5h1/2 je pars avec un enfant pour St Joseph de Ruweza ; je divise le kyalo et charge Pierre d’une partie et Timothée de l’autre. Pierre apportera demain tout ce qui appartient à Lwanga et nous défendons à celui-ci de retourner à Ruweza. Les dispositions si extraordinaires que nous avions pu constater jusqu’ici dans les Baganda pour la religion et que nous avons vantées tant de fois, n’ont été selon moi  qu’un masque dont nos Chrétiens et nos catéchumènes se sont servis pour cacher leurs passions, en particulier celle de la chair et de l’ambition. Voyant dans le baptême un moyen de se laver de leurs iniquités passées et de se livrer à l’avenir au crime en toute sûreté de conscience, ils ont tous été très ardents à le demander. On comprend que certains l’ont même fait les larmes aux yeux. D’un autre côté, voyant en nous les conquérants et les futurs rois du pays, ils se sont appliqués à singer la piété afin de pouvoir plus tard être grands. Et il faut avouer qu’ils ont été d’une habileté vraiment extraordinaire à jouer leur rôle ; sans une intervention toute spéciale de la Divine Providence, ils auraient pu nous tromper ainsi des années et des années.Le Père Lourdel, fatigué aujourd’hui est obligé de garder le lit ; il est pris de violents vomissements. Vers le soir, il va mieux.On fait un grillage pour isoler la salle des catéchumènes du reste de la propriété et mettre ainsi les catéchumènes dans l’impossibilité de communiquer avec les enfants. At 5:30 am, I leave with a child to St. Joseph Ruweza; I divide the Kyalo: Pierre will be in charge of one part and Timothy of the other one. Pierre tomorrow will bring all what belongs to Lwanga and we forbid him to go back to Ruweza.The special appetite for religion we had seen so far among the Baganda and we praised so often, was a mask which our Christians and our catechumens have used to hide their passions, in particular that of the flesh and ambition. Thinking that baptism means to wash their past sins and engage in future crime with a safe conscience, they were all very eager to ask for it. We understand why some of them were even shedding tears. On the other hand, considering us as the conquerors and future kings of the country, they did everything possible to mimic piety in order to become big men later. And I must admit they proved a truly extraordinary ability to play their part; without a special intervention of Divine Providence, they could deceive us during years and years.Father Lourdel is tired today and obliged to stay in bed; he suffers from violent vomiting. In the evening, he gets better.We make a fence to isolate the room of the catechumens from the rest of the property and to unable catechumens to communicate with children.

Mardi 17 octobre 1882

Tuesday, October 17th

Le Père Lourdel est sans aucune force.Je monte au Mbuga ; le Roi demande les lumières de Meftah et des Wangwana pour se débarrasser promptement et sans bruit d’une de ses femmes qui l’a insulté. Il parle ensuite des Blancs qu’il compare aux Albinos. Il se sert de Meftah pour les déprécier.  Il demande si les Blancs réunis pourraient vaincre Mesri. Tous bien entendu lui répondent que non. Quand tous ont répondu plus ou moins bêtement : Veux-tu, lui dis-je, la vérité ? – Oui. Eh bien il n’est pas nécessaire que les Blancs se réunissent pour s’emparer de l’Egypte. Une seule nation le peut ; il suffit pour cela que les autres la laissent faire. » Cette réponse n’est probablement pas telle que l’aurait voulue sa Majesté ; sans plus insister elle nous congédie. Father Lourdel is strengthless.I go to the Mbuga ; the King seeks advice from Meftah and Wangwana about how to get rid quickly and quietly of one of his wives who insulted him. He then spoke of the Whites he compares to Albino. He uses Meftah to depreciate them. He asks if a coalition of Whites could defeat Mesri. Of course, all of them replied that no. Then, after all responded more or less stupidly, I told him: “Do you want the truth? – Yes. –  Well it is not necessary that Whites come together to seize Egypt. One nation can do it alone, if only the other ones allow. » The answer is probably not the one his Majesty desired; without insisting, he dismisses us.

Mercredi 18 octobre 1882

Wednesday, October 18th

Le Père Lourdel va mieux ; il se lève un peu dans la soirée.Nous terminons la neuvaine réparatrice commencée le 10 dernier en l’honneur de la sainte Face. Demain nous en commencerons une autre en l’honneur du St. Esprit dans le but d’obtenir de connaître ce que le Bon Dieu demande de nous par rapport à la mission : Faut-il rester ici, et si nous restons que faire ? Faut-il partir deux, faut-il partir tous ? Autant de questions pour la solution desquelles nous avons besoin de lumières. Nous dirons et réciterons chaque jour le Veni Creator dans ce but. Father Lourdel is better ; he walks a little in the evening.We conclude restorative novena began on last 10th in honour of the Holy Face. Tomorrow we begin another in honour of the Holy Spirit in order to get to know what God requires of us in relation to our mission: Should we stay here, and if so, what to do? Should we go, two only or all of us? These are questions we ask ourselves and we need to be enlightened. Every day we shall say and recite the Veni Creator for this purpose.

Jeudi 19 octobre 1882

Thursday, October 19th

le P. Livinhac va au Mbuga et revient sans avoir vu le Roi. Le nouveau Manangwa de Kaduma vient d’arriver avec trois barques au Ntewe ; il vient voir le Roi. Fr Livinhac went to the Mbuga and returned without seeing the King. The new Manangwa of Kaduma just arrived with three boats in Ntewe; he comes to see the King.

Vendredi 20 octobre 1882

Friday, October 20th

Nous prenons en particulier quelques uns de nos néophytes et de nos catéchumènes. Aucun ne veut s’avouer coupable ; qui ne les connaîtrait pas, les croirait innocents tout à fait ; et nous-mêmes devant leur air simple et candide, nous serions tentés, malgré les preuves certaines que nous avons de leur culpabilité, de croire que nous les avons mal jugés.  Probablement il faudrait pour les amener à tout avouer, recourir à la cravache comme nous avons fait pour nos rachetés. Malheureusement ce moyen d’action nous manque ; et pour le nègre, il est nécessaire parfois. Que faire dans un pareil état de choses ? Nous espérons que le Bon Dieu aura pour agréable la neuvaine que nous faisons en ce moment et nous fera connaître clairement ce que nous avons à faire.Le Père Lourdel est à peu près remis ; il monte au Mbuga. We talk privately to some of our neophytes and our catechumens. No one wants to confess guilt. Someone who would not know them would believe that they are totally innocent. ; Even ourselves, abused by their simple and innocent look, we would be tempted, despite full evidence that we have of their guilt, to believe that we have misjudged. Probably, in order to get them to confess everything, we should use the whip as we did for our redeemed. Unfortunately we lack this means of action ; and with the negro, it is sometimes necessary. What to do in such a situation? We hope that God will be pleased by the novena that we’re doing now and that He will let us know clearly what we have to do. Father Lourdel almost fully recovered; he goes to the Mbuga.

Samedi 21 octobre 1882

Saturday, October 21st

Le Roi veut que le P. Lourdel lui fasse de l’astronomie ; c’est un désir qui probablement passera comme les autres. the King wants the P.Lourdel to explain to him astronomy ; this desire won’t  probably last longer than the other.

Dimanche 22 octobre 1882

Sunday, October 22nd

Léon quoique prisonnier, continue à faire le mal et tient de très mauvais discours à ceux avec qui il le fait. Ce pauvre enfant semble s’enfoncer de plus en plus dans l’abîme de l’impiété et de la corruption. Nous sommes très embarrassés de lui. Nous décidons de l’enfermer dans la maison de Kambuye. Au Conseil, il est décidé qu’à l’avenir on s’en tiendra aux strictes instructions de Monseigneur et que jusqu’à nouvel ordre, tous ceux qui jusqu’ici sont venus se faire instruire, seront laissés au rang de postulants. Pour les enfants, on les réunira dans le vestibule de la chapelle à neuf heures. A la place de la grand’messe, on leur fera chanter un cantique. A 2h3/4, vêpres de la Ste. Vierge ; à 6h1/4, chant des litanies. Ils continueront à réciter chaque jour les prières adoptées jusqu’ici. Leon, though in prison, continues to do evil and holds very bad speech to those with whom he does. This poor child seems to sink deeper and deeper into the abyss of impiety and corruption. We are very embarrassed with him. We decide to lock him in the house of Kambuye. The Council decided that in the future we will stick to the strict instructions of our Bishop and until further notice, all those who have come to us to be educated, will be kept to the rank of applicants. For children, they meet in the vestibule of the chapel at nine o’clock. In place of the Mass, we will make them sing a hymn. At 14:45, Vespers of the Holy Virgin ; to 18:15, singing litanies. They will continue to recite daily prayers chosen so far.

Lundi 23 octobre 1882

Monday, October 23rd

Erravimus, erravimus ; voilà que nous constatons de plus en plus chaque jour. Depuis que nous connaissons la corruption de nos enfants, nous constatons que les deux plus coupables sont les deux baptisés. Ces deux derniers pour exciter les autres au crime, leur ont répété toutes sortes de mensonges et d’impiétés qu’il est inutile de rapporter ici. Depuis que Léon est enfermé, la plupart des autres enfants n’ont pas été une nuit sans aller avec lui faire le mal. Pour cela, ils passent par la fenêtre du dortoir, défont les roseaux de l’atelier et passent par-dessus la cloison en terre du magasin où couche Léon.  Quand l’un a fini, il revient au dortoir et avertit un autre qui va le remplacer. C’est comme une vraie société secrète. Ces pauvres nègres pourraient, sous le rapport de la ruse et de la fausseté, l’emporter sur nos plus fins francs-maçons d’Europe. C’est à ne pas y croire. Il faut vraiment que le diable et les protège et les inspire. La maison de Kambwue où Léon est relégué depuis hier n’étant pas sûre et craignant qu’il se sauve et monte quelque coup, nous décidons de le ramener au magasin ; mais auparavant nous allons finir les cloisons du magasin et les continuer jusqu’au toit. Pour l’atelier où il travaillera, nous allons serrer le grillage de telle sorte qu’il ne puisse défaire les roseaux. Erravimus, erravimus ; everyday now we are seeing more and more clearly. Since we know about the corruption of our children, we found out that the biggest two culprits are the two baptized guys. In order to excite the others to crime, These two repeated them all sorts of lies and blasphemies that it is unnecessary to relate here. Since Leon has been locked, most of the other children did not spend a single night without visiting and making evil with him. For that purpose, they go through the dormitory window, undo the reeds of the workshop and pass over the earthen partition of the store where Leon sleeps. When one finishes, he returns to the dorm and call another one to replace him. It’s like a real secret society. These poor blacks, in respect of cunning and falsehood, could override our cleverest European Freemasons. This is unbelieveable. We must believe that the devil protects and inspires them. Since the house of Kambwue where Leon is relegated since yesterday is not safe, and for fear that he flees and instigates some foul play, we decided to bring him back to the store ; but before we shall complete the walls of the store up to the roof. We will strengthen the fence of the workshop where he worked, so he won’t be able undo the reeds.

Mardi 24 octobre 1882

Tuesday, October 24th

Ce que nous apprenions hier du commerce des enfants avec Léon pendant la nuit, il faut le dire avec Ignace qui couche seul dans la salle des catéchumènes ; un enfant l’avoue ce matin. De même qu’ils allaient chez Léon, ils viennent chez Ignace ; cela n’empêche pas celui-ci d’aller chez un Père lui assurer qu’il veut se convertir. Nous arrangeons les portes et la fenêtre du dortoir de manière que, désormais, aucun enfant ne puisse sortir.Je vais chez le Roi. A la séance, on apporte un mzinga en bois. Le Roi et ses officiers se moquent de M.Mackay. Le Roi me fait venir auprès de lui pour me demander quelques explications. Pauvres gens, qu’ils sont ridicules ! Nous recevons du R.P.Livinhac la note suivante : durant les trois derniers jours de la neuvaine, nous dirons messe votive du St Esprit. Nous le prierons de nous éclairer en particulier sur les points suivants : 1° Est-il bon que deux Pères se rendent au sud du lac pour préparer la fondation d’une mission nouvelle avant de savoir s’il nous arrive des confrères ? 2° Dans le cas où deux Pères partiraient, serait-il bon de transporter au sud notre orphelinat ? 3° Dans les circonstances actuelles, l’ordre que nous donne Monseigneur de racheter le plus grand nombre d’enfants possible ne nous atteint-il pas de telle sorte que nous ne puissions suspendre totalement l’œuvre du rachat sans manquer à une obligation grave ? 4° Les moyens violents que nous avons essayé d’employer à l’égard de nos enfants ont-ils eu ou promettent-ils de bons résultats ? 5° Pouvons-nous et même devons-nous, dans la crainte de porter ces enfants à nous détester, nous et la religions que nous leur enseignons, nous contenter de châtier leurs fautes contre les mœurs dont nous serons témoins, ne tenant compte des dénonciations que pour donner des conseils particuliers ou pour prendre des mesures préventives ? 6° Dans la même crainte, en punissant les fautes dont nous serons témoins, ne devrions-nous pas nous contenter d’une punition légère ? En quoi pourrait-consister cette punition ? 7° Serait-il bon de remplacer, trois jours par semaine, le catéchisme par l’histoire sainte ? Je prie les Pères, après avoir prié et réfléchi devant Dieu, de noter leur sentiment et de communiquer leur note au Conseil. S’il arrive par hasard que nos avis soient partagés, nous renoncerons de bon cœur à notre manière de voir pour croire que nos confrères ont raison. C’est le seul moyen de ne pas ajouter aux maux qui nous affligent le plus grand des maux : le manque d’union et de charité fraternelle.Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus
Ductore sic te proevio
Vitemus omne noxium.
What we learned yesterday of the children’s interaction with Leon during the night, must be said about Ignatius too, who sleeps alone in the room of catechumens ; one child admitted it this morning. Just as they would in Leon, they come to Ignace ; this does not prevent him to go to meet a Father and protest to him that he wants to convert. We arrange the doors and window of the dormitory so that henceforth, no child may go out.I go at the King’s. During the meeting, someone brings in Mzinga wood. The King and his officers scoff M.Mackay. The King summons me to him to ask for some explanation. Poor people, they are so ridiculous!We received from R.P.Livinhac the following note: During the last three days of the novena, we shall celebrate the Votive Mass of the Holy Spirit. We pray that He enlightens us in particular on the following points: 1 Is it good that two fathers go to the south of the lake to prepare the foundation for a new mission before knowing if new colleagues are coming? 2 In the case where two fathers would leave, would it be good to transfer our orphanage? 3 Given the present circumstances, as Monseigneur gave us the order to redeem as many children as possible, can we fully suspend the work of redemption without missing a serious obligation? 4 Did the violence that we tried to use against our children have had or promise any good results? 5 for fear of bringing these children to hate us and the religion that we teach them, should we, or even must we, just punish their sins against morality which we will see, , and  only give specific advice or to take preventive measures in case of denunciations? 6 for the same reason, should we not be satisfied with punishing the faults which we will witness, with a light punishment? Then what could this punishment be? 7 Would it be advisable to replace three days a week, the catechism with sacred history? I request the Fathers, after praying and reflecting before God, to note their feelings and give their notes to the Council. If it happens by chance that our opinions are divided, we will accept with a good heart that our colleagues are right. This is the only way not to add to the evils which afflict us the greatest of evils: lack of unity and of fraternal charity.Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus
Ductore sic te proevio
Vitemus omne noxium.



Mercredi 25 octobre 1882

Wednesday, October 25th

Nous n’avons plus de doutes à avoir sur le motif qui poussait les Baganda à venir ici s’instruire de notre sainte religion, à demander le baptême les larmes aux yeux. C’était peut-être un peu pour faire le mal avec nos enfants ; mais c’était avant tout pour s’enrichir en nous volant. Grâce aux aveux providentiels d’un enfant, nous arrivons à constater d’une manière certaine que tous sans exception, néophytes et catéchumènes, sont venus pour nous voler. Autant de bandes, autant de sociétés de voleurs. Pour arriver plus facilement et plus sûrement à leur fin, ils ont su se gagner et s’assurer nos enfants en leur donnant quelques bagatelles et en pratiquant sur eux la sodomie. Les enfants ont des clefs au moyen desquelles ils entrent dans nos chambres à notre insu et nous enlèvent tout ce que leur désignent leurs complices. Benoît et Mariani que nous savons avoir des clés sont liés et roués de coups ; ils avouent, mais nous ne pouvons les amener à nous livrer leurs clés. L éon, d’après les conseils des néophytes a assuré aux enfants qu’il avait fait le mal avec nous. Il l’avoue et vient devant les enfants déclarer qu’il leur a menti. Probablement, nous n’avons pas encore le dernier mot de toute cette affaire ; cependant ce que nous savons déjà semble plus que suffisant pour nous démontrer l’impossibilité de la mission dans le Buganda.  We no longer have doubts on the reasons that drew the Baganda to come here to learn of our holy religion, and ask for baptism with tears. It was perhaps to a certain extend to do evil with our children; but it was primarily to enrich themselves by stealing. Thanks to the providential confession of a child, we can be sure now that all neophytes and catechumens, without any exception, came to rob us. As many of them, as many gangs of thieves. To make it easier and safer to reach their end, they were able to win the heart of our children by giving them some small presents and practicing sodomy on them. Children have the keys with which they enter our rooms without our knowledge and take everything requested by their accomplices. Benedict and Mariani, whom we know have keys, are tied and beaten up; they admit, but we cannot get them to surrender their keys. Leon, on the advice of neophytes, assured the children that he had done evil with us. He confesses and in front of the children declares that he lied. Probably we do not have the last word in this affair; however, what we already know seems more than enough to show us that of the mission in Buganda is impossible. 

Jeudi 26 octobre 1882

Thursday, October 26th

Les enfants liés persistent à refuser de nous livrer leurs clés. Ils ne sont pas seuls à en avoir : presque tous en ont. Benoît avoue tout ce qu’il nous a volé et fait passer aux néophytes et aux catéchumènes ; cet enfant a abusé de notre confiance de la manière la plus indigne ; malheureusement, il n’est pas le seul. Il nous paraît évident que nous n’avons qu’un parti à prendre : partir d’ici.
Pour empêcher nos enfants de communiquer avec les gens du dehors, nous décidons d’engager notre ancien Kirangozi Ramici qui est ici. Je vais le trouver et l’engage pour six coudées par mois, plus 100 simbis de pocho par jour.
Children in bondage persist in refusing to give us their keys. They are the only ones having keys: almost all of them have. Benedict admits everything he has stolen and given to the neophytes and the catechumens; this child has abused our trust in the most shameful manner; Unfortunately, he is not the only one. It seems obvious to us that we are left with one thing to do: get away from here.To prevent our children to communicate with people outside, we decided to hire our former Kirangozi, Ramici, who is around. I go to see him and hire him for six coudées per month, plus 100 Simbis of posho per day.

Vendredi 27 octobre 1882

Friday, October 27th

Aujourd’hui finit notre neuvaine ; nous nous réunissons en Conseil pour savoir ce que nous avons à faire dans la situation actuelle. Faut-il partir ? faut-il rester ? Nous sommes tous d’avis qu’il faut partir tous ; cependant une pareille décision étant d’une extrême gravité, nous hésitons à la prendre d’une manière définitive et nous convenons d’attendre encore un peu ; peut-être les doutes les incertitudes qui nous restent disparaîtront-ils ? Nous redoublons nos prières pour que le Bon Dieu achève de nous éclairer. Que son bon plaisir s’accomplisse parfaitement quoiqu’il puisse nous en coûter ! Dans la soirée, nouveaux détails qui enlèvent nos doutes. Nos enfants avouent que les catéchumènes ont presque tous des clés à l’aide desquelles ils se proposent une nuit de tout nous enlever et non seulement eux, mais nos deux voisins Gahonga et Lukomua. Pour mieux corrompre nos rachetés, nos deux voisins et les deux principaux de nos néophytes ont mis depuis longtemps à leur disposition des jeunes filles avec lesquelles tous les jours ils pouvaient aller se satisfaire. En attendant le grand coup, les enfants devaient chaque fois porter, soit étoffe, soit poudre, soit aiguilles, etc… Tout cela s’est fait avec une habileté infernale. Il est bien à craindre que tout cela ne vienne du Roi ; ce serait bien dans son genre. Quoiqu’il en soit, il est clair après cela que pour le moment, la mission est impossible dans le Buganda. Nous décidons de partir tous. Peu importent les dangers, les fatigues, etc. qui nous attendent ; peu importe ce qu’on laisse ici. Les raisons qui nous avaient fait patienter jusqu’ici ne subsistent plus. Nous croyons que notre devoir est de partir, nous partirons. Today our novena ends; we meet as a Council to decide what we should do in the current situation. Should we go? should you stay ? We all agree that all of us should go. As such a decision is extremely serious, we hesitate to take a final stand and we agree to wait a little longer; perhaps the doubts and uncertainties that remain will disappear? We redouble our prayers that God continues to enlighten us. His pleasure be fulfilled perfectly even though it may cost us! In the evening, new details remove our doubts. Our children admit that almost all catechumens have keys with which they propose to take away everything from us during a night. And not only them, but our two neighbors too, Gahonga and Lukomua. In order to corrupt more our redeemed,  our two neighbours and two of our main neophytes have long been making girls available to them, with whom every day they could go and satisfy themselves. While waiting for the big day, the children had to bring something every time, either fabric, or powder or needles, etc… All this was done with infernal skill. It is to be feared that all this comes from the King; it would resemble him. Nevertheless, it is clear from this that, for the time being, the mission is impossible in Buganda. We decide that all of us will leave. Whatever the dangers ahead, tiredness, etc..; whatever we leave here does not matter. The reasons why we had waited for so long no longer subsist. We believe it is our duty to leave, so we leave.

Samedi 28 octobre 1882

Saturday, October 28th

Les enfants ne devaient pas seulement nous voler ; ils devaient une nuit nous tuer. Nalubandwa, Fuwuke, Damulira et les autres conspirateurs avaient organisé un kitangole parmi nos rachetés : Léon, Mwami, les autres avaient un grade selon leurs forces et leurs aptitudes. Chacun de nous avait un certain nombre d’enfants pour l’assassiner, tandis que les conspirateurs auraient été là pour surveiller et assurer l’exécution. Léon, forcé d’avouer, dit que cela fait, il devait obtenir un bukonzu. Nous soupçonnons de plus en plus le Roi. Après le déjeuner, les Pères Livinhac et Lourdel montent à la Cour pour annoncer notre départ et demander des barques. Le Roi et tous les Grands font les étonnés et semblent regretter que nous partions tous : « Qui nous donnera des remèdes ? » Cependant, malgré leurs soins, il est évident que tous sont dans la jubilation ; le Roi offre des souvenirs, les confrères lui demandent des lettres pour Saïd Bargash, pour le Consul français, pour Monsieur Graffulh. Le Roi donne pour mbaka un petit chef qui est envoyé à Sukuma chercher de la chaux. Déjà, il a réuni un certain nombre de barques. Le Roi veut que les choses aillent vite, comme s’il craignait que nous revenions sur notre décision.  Dans la soirée, le Père Livinhac et moi nous rendons chez messieurs les Anglais pour les prévenir et leur offrir une partie de nos valeurs. Ils ne peuvent nous promettre ; ils attendent prochainement leur caravane. Ils nous offrent de prendre en dépôt ce que nous ne pourrons emporter.Nous commençons une nouvelle neuvaine pour recommander notre départ et notre voyage.  The children were not only supposed to rob us on a certain night; they were also supposed to kill us. Nalubandwa, Fuwuke, Damulira and other conspirators had organized a kitangole among our redeemed: Leon, Mwami, some others had a rank according to their strengths and abilities. Each of us had been given a number of children to kill him, while the conspirators were there to monitor and ensure compliance. Leon, forced to confess, says that, when this would have been done, he would have got a bukonzu. We suspect the King even more. After lunch, the Fathers Livinhac and Lourdel go to the Court to announce our departure and ask for boats. The King and all the Great do seem surprised and regret that all of us were leaving: «Who will give us remedies?» However, despite their care, it is clear that all are in jubilation; the King presents us with souvenirs, our colleagues ask him for letters for Said Bargash, for the French Consul, for Mr. Graffulh. The King appoints as Mbaka a small chief that is sent to seek for lime in Sukuma. He has already gathered a number of boats. The King wants things to go quickly, as if afraid that we go back on our decision. In the evening, Father Livinhac and I are going to visit the British gentlemen to inform them and offer them a part of our valuables.  They cannot promise us; they expect their caravan soon. They offer us to deposit with them what we won’t be able to take along.We begin a new novena to recommend our departure and our trip. 

Dimanche 29 octobre 1882

Sunday, October 29th

Nous avons enfin, ou du moins à peu près, la mort de l’énigme. Benoît nous avoue que le complot ourdi contre nous vient du Roi. Tout ce qui nous a été volé jusqu’ici est allé chez le Roi. Voilà bien Mutesa ! … C’est bien l’homme. Et il faut bien avouer qu’en toute cette affaire, il a été d’une habileté infernale et a eu des agents dignes de lui. Ne voulant pas avoir, soit par peur, soit par quelque autre motif, l’honneur devant le public de nous avoir volés et assassinés ; il a voulu faire le coup par nos esclaves et sans un concours de circonstances visiblement miraculeux, il y serait arrivé. Le danger en ce moment est très grand pour nous, nous ne devons pas nous le dissimuler. ; néanmoins, nous avons la ferme confiance que le Bon Dieu nous tirera de ce mauvais pas. D’ailleurs, après tout, que Sa sainte volonté soit faite. Ne serait-ce pas pour nous personnellement la plus grande grâce que de donner notre vie pour notre chère mission. A la garde de Dieu et de la Bonne Mère.Nous promettons chacun trente messes si nous pouvons regagner le sud du lac. A midi, conseil ; nous nous partageons les enfants pour le voyage afin de les mieux surveiller. Il importe beaucoup en ce moment qu’aucun d’eux ne s’échappe ; si le Roi savait que nous connaissons tout, c’en serait assez pour lui, pour le déterminer à nous faire massacrer. Ces pauvres enfants ont été sans doute bien coupables ; mais en examinant l’affaire, nous voyons qu’ils ne le sont pas autant qu’on pourrait croire ; ils ont été dupés voyant dans l’autorité du Roi une autorité supérieure à la nôtre, ils ont eu peur ; en même temps, ils ont vu en cédant dans ce complot un moyen de satisfaire leurs passions brutales et leur ambition. Ils sont plus à plaindre qu’à blâmer. Une fois le coup accompli, le Roi pour les récompenser les eût probablement fait tuer. Ils paraissent le comprendre et protestent tous qu’ils veulent nous suivre. Peut-être est-ce enfin le commencement de l’œuvre ? Quoiqu’il en soit, cela nous montre qu’un orphelinat ici est impossible. D’après Benoît, quoique le Roi soit le principe du complot, c’est à lui que nous devons d’être encore en ce monde. Plusieurs fois déjà, les principaux conspirateurs sont allés lui demander d’exécuter enfin leur projet. Il les a empêchés par peur, et leur a dit de se contenter pour le moment de nous faire voler, d’attendre que nos rachetés fussent plus grands.Dans la soirée, visite de messieurs les Anglais ; ils nous offrent de leur céder tout ce que nous n’emportons pas ; ils vont demander au Roi notre propriété pour les confères qu’ils attendent. Ils nous offrent plusieurs de leurs wangwana, nous acceptons. Nous leur offrons une légère collation et leur faisons cadeau d’une bonbonne. Ils nous témoignent beaucoup d’amabilité et de complaisance. Au soir, plusieurs de nos néophytes viennent pleurer et essayer de nous retenir. Qui ne les connaîtrait pas serait touché. Cependant, nous aimons à croire, et cela est plus que probable, qu’il y a parmi eux des âmes bien disposées ; mais nous ne pouvons pas rester davantage ici. Partir est le seul moyen qui nous reste de sauver la mission.  Finally, we have, more or less, the last word of the puzzle. Benedict confesses that the plot against us originates from the King. All that was stolen so far went to the King. Typical of Mutesa! His very self. And we must admit that, in this affair, he proved infernally skilled and his agents are worth him. Not wanting to have publicly the honor for having robbed and murdered us, either out of fear or for some other reason, he preferred our slaves to do it; and but for a series of obviously miraculous circumstances, it would have happened. At the moment we are in a very big danger, let us not deceive ourselves. However, we firmly trust that God will get us out of this mess. Besides, after all, His holy will be done. Would not it be the greatest grace for us, personally, to give our lives for our dear mission? God and the Good Mother protect us.Each of us promise thirty masses if we can reach the south of the lake. At noon we have a meeting ; we share the children for the trip in order to monitor them better. It is very important at this time that none of them escape ; if the King knew that we know everything, it would be enough to induce him to kill us. These poor children are probably very guilty; but considering the matter, we see that they are not as we might think; they were duped into seeing the King’s authority superior to our own authority, they were afraid; at the same time, they saw in the plot a way to satisfy their brutal passions and ambition. Once everything done, as a reward, the King would probably have killed them. They seem to understand and declare that they all want to follow us. Maybe this is finally the beginning of the action? Anyway, it shows that an orphanage here is impossible. According to Benedict, though the King is the initiator of the plot, it is thanks to him that we are still in this world. Several times already, the main conspirators went to ask for permission to execute their project. He prevented them because of fear, and told them to be satisfied with stealing us for the time being for the moment let us fly, and wait until our redeemed children get older.In the evening, visited by the English gentlemen; they offer us to give them what we will not carry away; they will ask the King for our land, for the colleagues they expect. They offer several of their wangwana, we accept. We give them some snacks and a demijohn as a gift. They prove very much friendly and kind. At night, several of our neophytes come crying and try to hold us back. Who would not know them would be movde. However, we like to believe, and it is very likely, that there are among them well-disposed souls; but we can not stay any longer here. Leaving is the only way left for us to save the mission. 



Lundi 30 octobre 1882

Monday, October 30th

Nous apprenons que celui de nos chrétiens qui, hier soir, paraissait le plus affecté de notre départ, était dans le complot. Comme nous le disions hier, le Roi est le principe de ce complot ; cependant il pourrait se faire qu’il ne le fût que de manière indirecte. Le P. Lourdel va « Koukiker ».
Mr Flaherty au rukiko demande notre propriété. Sa Majesté accorde après avoir demandé à notre confrère s’il y consentait. M. Flaherty en revenant de la Cour dîne avec nous. Ces messieurs achèteront tout ce que nous allons laisser ; mais le veux paraît avoir un peu oublié sa générosité d’hier ; elle a probablement disparu avec le vin blanc. Aujourd’hui, il paraît plus lui-même qu’hier. Quoiqu’il en soit, nous sommes heureux de cette occasion ; nous prendrons le moins de bagages possible ; quand même ces messieurs prendraient ce que nous laissons à un prix relativement minime, nous y gagnerons encore. Nous remettons au vieux la liste des diverses classes d’objets que nous laisserons ; il s’entendra avec M. Mackay et nous fera savoir leur décision relativement au prix. Nous commençons à founguer (faire les paquets). Gahonga vient demander un cadeau pour les barques. Nous lui donnons un debwani et un kitambu rouge ; quand il est dans la rue, il ordonne à son esclave de jeter tout. Ce sauvage n’est pas content. Le P. Lourdel va le trouver et arrange l’affaire.
Visite du Msibe.
We learn that one of our Christians who last night seemed most affected by our departure was in the plot. As we said yesterday, the King is the principle of this plot. However, may be that he was only indirectly. P. Lourdel goes for « Kukiking. » At the rukiko Mr.Flaherty requests for our property. His Majesty grants it after asking our colleague for his consent. Returning from the Court Mr. Flaherty has diner with us. These gentlemen will buy whatever we leave; but they appear to have almost forgotten their generosity of yesterday ; it probably disappeared with the white wine. Today, he looks more like himself than yesterday. Anyway, we are excited about this opportunity; we will take as few luggages as possible; even if these gentlemen take what we leave at a relatively small price, it will still be a profit. We give to the old man the list of the various kinds of items that we are going to leave ; he will discuss with Mr. Mackay and will let us know their decision about the price. We start to fungua ( to pack up). Gahonga comes and asks for a gift for the boats. We give him a debwani and red kitambu; when he is in the street, he orders his slave to throw everything away. This savage is not happy. Father Lourdel goes to him and settles the matter.Visited by the Msibe. 

Mardi 31 octobre 1882

Tuesday, October 31st

Nous continuons à faire nos paquets. Le P.Lourdel  va à la Cour.Il y en a qui disent que ce sont les Anglais qui nous font partir.Le ministre nous envoie deux chèvres. Dans la soirée, le P.Lourdel va lui porter un petit cadeau.Nous craignons beaucoup d’être volés, nous veillons plus que jamais. Néophytes et catéchumènes viennent comme les jours précédents nous exprimer leurs regrets. Beaucoup voudraient nous suivre. Ils ressemblent tout à fait à ces bêtes féroces qui voyant leur proie leur échapper s’acharnent à sa poursuite.  Nous faisons venir Mohamidi pour arranger nos tentes.  We continue packing up. Father Lourdel goes to the Court.Some people say that English men make us go.The Minister sends us two goats. In the evening, Fr.Lourdel goes to bring him a small gift.We are very afraid to be stolen; we keep more watch than ever. As in the previous days, neophytes and catechumens come to express their regrets. Many would like to follow us. They really look like the wild beasts which, seeing that their prey escape, try desperately to chase it. We call for Mohamidi to mend our tents. 




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